Lacase s'est judicieusement inspiré d'
Un singe en hiver (plus d'infos
sur Allocine
ici et
sur Wikipedia ici), tiré
du livre portant le même nom et écrit en 1959 par
Antoine Blondin.
Réalisé par Henri Verneuil en 1962, le film est un délicieux hymne à l'alcool, une apologie de l'ivresse, et un amour sans concession pour le vin. Les dialogues écrits, entre autre, par Michel
Audiard font que chaque réplique ou presque (je confesse que j'ai parfois tendance à exagérer) sont devenus cultes.
Jean Gabin et Jean-Paul Belmondo incarnent les personnages de Albert Quentin, patron de l'hôtel "Stella", et de Gabriel Fouquet, un jeune homme fougueux, qui arrivera à réintroduire le vice à
Albert, alcoolo jovial repenti mais pas trop.
Un singe en hiver fut également une véritable rencontre entre deux générations d'acteurs : celle de Gabin et celle de Belmondo. La star d'avant-guerre Jean Gabin, et Jean-Paul
Belmondo (qui, je crois, n'aimait pas encore les chiens), révélé trois ans plus tôt dans
A bout de
souffle de Jean-Luc Godard. Leur entente fut parfaite durant le tournage, Jean Gabin disant au "môme" qu'il lui rappelait ses vingt ans.
Ils avaient entre autres points communs celui d'aimer le sport, leur arrivant par exemple de jouer ensemble au football. Jean Gabin s'improvisa également organisateur de courses cyclistes où
concourèrent Jean-Paul Belmondo ainsi que Costa-Gavras et Claude Pinoteau, les assistants réalisateurs d'Henri Verneuil. Costa-Gavras assistant d'Henri Verneuil ! C'est plutôt ça qui est
intéressant, outre les matchs de foot et les coups de pédale...
Un singe en hiver eut fort à faire avec la commission de censure qui voyait dans le film une apologie de l'alcool (ha bon ?!). Outre les scènes dans lesquelles Jean Gabin et
Jean-Paul Belmondo apparaissaient ivres, le Ministère de la Santé s'offusqua de la trop bonne visibilité des marques d'apéritifs à l'écran.
Henri Verneuil avait essuyé un premier refus de la Metro-Goldwyn-Mayer France de financer le film car elle aussi n'avait vu dans le projet qu'une simple histoire d'ivrognes. La MGM et la censure
cédèrent finalement. Tant mieux !
Dans sa version Vice du mois de janvier, Lacase a utilisé deux citations tirées du film, toutes les deux dites par Jean Gabin :.
"Si je buvais moins, je serais un autre homme, et j'y tiens pas !"
"Dis-toi bien que si quelque chose devait me manquer, ce ne serait plus le vin, ce serait l'ivresse !"
Extraits :
"Les princes de la cuite"
Courrier des lecteurs