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Samedi 27 mars 2010 6 27 /03 /Mars /2010 14:34

Jaccuse biz apercuLe nouvel album «J’accuse !» du chanteur Damien Saez, distribué à partir de la fin du mois de mars 2010, a connu les foudres de la censure avant même d’être sorti dans les bacs. Jackuse.com et son collectif d’artistes, dont 16art, s’engagent dans une démarche artistique de soutien aux côtés du chanteur.


Saez JaccuseEn effet, l’affiche tirée de la pochette de l’album «J’accuse !» de Damien Saez, qui montre une femme nue dans un caddie avec pour seul texte «J’accuse», a été interdite des couloirs des métros parisiens par l’Arpp, Autorité de régulation professionnelle de la publicité. Autrement dit par les publicitaires eux-mêmes.


Jackuse.com soutient le «J’accuse !» de Saez

Publicité et liberté d’expression ne font pas bon ménage pour le chanteur qui cumule les casquettes car il est aussi producteur de son propre album. Devenu homme à toute faire, il a fait le courageux choix de quitter son ancienne Major pour ne pas finir, dit-il, «en sonnerie de téléphone portable». Courageux annoncions-nous, car il doit atteindre le chiffre conséquent d’au moins 150 000 albums vendus pour rentrer dans ses frais. Dans ces conditions, le métier d’artiste en devient même carrément périlleux. Autant jouer à la bourse, diront les plus capitalistes d’entre vous !

Berth Censure

À Jackuse.com, et avec le concours de certains artistes de notre collectif (16art, Dj Omatic, Lacase, Troy, ainsi que Berth et Jiho de Siné Hebdo), nous nous sommes dits que nous ne pouvions pas restés les bras croisés face à la censure subie par Damien Saez. Être accusé d’accuser, c’est quand même un comble ! Si notre projet s’appelle «Jackuse», ce n’est quand même pas non plus pour des berniques... Alors nous avons réagi. Car nous estimons, et ce n’est que notre modeste avis, qu’il est important de s’offusquer, de dénoncer et d’être en colère contre toute forme de censure dans notre société, que l’on aime ou que l’on déteste l’artiste qui la subit.

Jiho Seins

Nous avons donc réalisé cette vidéo de près de 7 minutes, visible sur le site www.jaccuse.biz que nous avons créé pour l’occasion, afin d’apporter un autre éclairage sur la censure de l’affiche promouvant l’album de Saez, avec humour, sincérité, générosité et honnêteté.




Nous avons surtout sollicité César Chevalier, aka 16art (les 16 soutiennent les Saez), connu chez nous pour être l’auteur, avec Clé, du générique des vidéos de Jackuse.com. Emballé, 16art a créé un bien joli visuel parodiant l’affiche de Saez : le chanteur se retrouve dans le caddie poussé par la femme nue à la tête d’Émile Zola, le tout sur fond de l’historique «J’accuse... !» en Une de L’Aurore du 13 janvier 1898. 16art nous a aussi filé un bon coup de main pour la finalisation du montage de la vidéo. Enfin, Dj Omatic a remixé la chanson de Saez, et a créé une bande son sur mesure. Du travail d’orfèvre, rapide mais efficace !

Saezart Jackuse Saez 16art web

Et si on s’accusait tous d’accuser ?

Nous savons de notre avocate que nous nous exposons à certains risques. En effet, Damien Saez est libre de nous attaquer en Justice, notamment à cause de notre bande son puisqu’il est illégal de modifier une œuvre sonore sans l’autorisation de l’artiste ainsi «plagié». Néanmoins, notre intention est louable et juste puisque nous avons d’ores et déjà soumis une proposition de partenariat au chanteur (restée sans réponse à ce jour).

Troy Saez 3

De plus, Damien Saez sait que notre démarche n’a pas pour but un merchandising sauvage et capitaliste à la sauce Fnac ou Virgin. Non. Nous assumons le fait d’entamer là une démarche artistique de soutien face à la censure dont il fait l’objet. Démarche qui a notamment mobilisé des dessinateurs de presse des journaux satirique Siné Hebdo (avec qui Jackuse.com est d’ailleurs en train d’établir un partenariat) et La Lettre à Lulu.

Si Damien Saez songe à nous attaquer, cela signifierait que notre société, et ses valeurs sur la liberté d’expression artistique, sont devenues irrémédiablement folles. Cela signifierait aussi, très pragmatiquement parlant, que l’on mettrait la clé sous la porte : notre très petite structure ne pourrait financer la défense de notre cause auprès d’un tribunal, aussi noble soit-elle. Mais il était de notre devoir que Jackuse.com défende le «J’accuse !» de Saez. Soyez convaincus, chers lecteurs, que nous nous sommes donnés du mal « sincère » dans cette aventure, et que nous en acceptons les risques.


Emile Magic Zola

Jaccuse Aurore Titre NBNous ne vous apprendrons rien, mais c’est quand même Émile Zola qui, le premier, grâce à son pamphlet accusateur  «J’accuse...!» publié lors de l’Affaire Dreyfus, a donné toute sa splendeur au verbe «accuser». Bien avant la naissance de Jackuse.com et la récente sortie de l’album de Saez. L’article «J’accuse...!» d’Émile Zola représente encore «le symbole de l’éloquence oratoire et du pouvoir de la presse mis au service d’une cause juste et généreuse», peut-on lire sur une encyclopédie en ligne, aussi libre que l’était le p’tit père Émile. En d’autres termes, Jack Zola, personnage inventé par nos soins qui incarne le projet Jackuse.com, dirait qu’à l’époque, Émile avait porté ses couilles bien haut, et qu’il avait magistralement réussi son coup puisque son «J’accuse...!» devint un tournant majeur de l’Affaire Dreyfus, avec le dénouement que l’on connaît.

Emile Zola Portrait 5

Jaccuse Aurore Une NBÀ nos yeux, le «J’accuse...!» d’Émile Zola est le dénominateur commun entre, d’un côté, la censure dont a été victime l’affiche de Damien Saez et le discours du chanteur (que ce soit dans sa chanson «J’accuse !», sur son site www.saez.mu ou lors de ses interviews télé et radio actuelles), et de l’autre, les valeurs qui fondent notre projet Jackuse.com, nom copiant ouvertement par homonymie le «J’accuse...!» d’Emile Zola. De cette marque est d’ailleurs né le personnage Jack Zola, lequel revendique une filiation burlesque envers son «tonton Émile».

Publicitaires et banquiers : même combat !

Il est toujours bon de rappeler qu’il n’y a pas que les publicitaires qui aiment s’amuser avec la censure. En effet, les banquiers aiment, eux-aussi, jouer avec leur instrument. À sa modeste échelle, Jackuse.com avait, à sa naissance, résisté aux pressions extérieures et à la tentative de censure imposée par la Banque Populaire, il y a presqu’un an déjà.

Lacase LibertéDexpression

Parce que les anecdotes sont toujours les bienvenues, voici la notre. Peu avant le lancement de Jackuse.com en avril 2009, la Banque Populaire avait exigé de nous que l’on retire de notre boutique en ligne les Holy Capotes créées par l’ami Berth de Siné Hebdo. Putain, rendez-vous compte de la société dans laquelle on vit : ce n’est plus la Justice qui a droit de censure en France, mais les publicitaires et les banquiers !

Lacase Jusqu Ou Trop Loin

La Holy Capote, c’est quoi ? Ce sont des préservatifs, disponibles sur www.jackuse.com, dont l’emballage reprend un dessin de Berth qui représente le Pape se faisant enculer par la grosse bite d’un Noir. La Holy Capote, pourquoi ? Parce qu’à l’époque, Benoit XVI (encore un 16 !) revenait d’Afrique, où il venait de débiter (encore) des âneries de bénitier. Des propos criminels même, puisqu’il avait déclaré qu’il ne fallait pas utiliser de préservatifs dans ce continent. Alors que c’est bien connu, le sida n’est pas un fléau contagieux en Afrique.

AurelienB Holy Capote

Des cadeaux censurés à gagner sur www.jaccuse.biz !

Jaccuse biz apercuAlors dans notre coin, nous nous étions dits que ça serait marrant de réutiliser ce dessin de Berth, déjà paru dans Siné Hebdo, sur l’emballage de ce qui est devenu de divines capotes, agrémenté de mentions toutes aussi pertinentes que «La protection divine sur ta pine» ou encore «Garantie 100% Immaculée Conception».

Ça nous avait bien fait poiler même, à l’époque, d’avoir à offrir ce fort bel objet dans notre «Kit du vice», nom d’une catégorie d’articles que nous aimons tant dans notre boutique. Faut qu’on vous confesse que nous pouvons parfois paraître pour des commerçants en art un peu spéciaux aux yeux des néophytes...

Troy Saez 2

Mais manque de pot, les Holy Capotes avaient choqué le comité d’éthique de la Banque Populaire, composé de trois sages sans doute pas très laïcs, vraisemblablement psychorigides, et en tout cas dénués d’humour.

Conséquence ? Refus de notre part de baisser notre froc, même si c’est une étape essentielle lors de l’utilisation de la Holy Capote «garantie 100% Immaculée Conception». Rien à foutre, «ils ne passeront pas», comme le disait si bien Pétain à Verdun.

La Banque Populaire nous avait alors planté un couteau en or suisse dans le dos en refusant, à une semaine du Jour J, la mise en place technique de leur solution de paiements en ligne sécurisés. C’est pourquoi nous avons opté pour Paypal, leader mondial des paiements en ligne sécurisés, et pour qui la liberté d’expression ne pose aucun problème jusqu’à présent.

Parce que nous aimons bien titiller le vice jusqu’au bout, Jack Zola offre 5 lots de 10 Holy Capotes par un divin tirage au sort dépendant du seul bon vouloir du Saint Esprit. En effet, notre dieu Pouf Pouf choisira cinq adresses email (et donc cinq miraculeux gagnants !) parmi celles que vous avez ou aurez laissées sur www.jaccuse.biz, site que nous avons créé pour communiquer sur notre démarche de soutien artistique face à la censure dont est victime le «J’accuse !» de Saez.

Faire gagner des objets censurés dans une opération de soutien à la dénonciation d’une censure, avouez qu’on a d’la suite dans les idées ! Mais bon, quand on n’a a pas de pétrole, hin...


Damien, es-tu là ? Saez âme, ouvre-toi !

Heureux lecteurs de passage ici, vous êtes aussi invités sur www.jaccuse.biz à noter de 1 à 10 le visuel «SAEZART», parodie de l’affiche censurée de Saez créée par notre artiste 16art ! Et après avoir voté, vous pouvez nous laisser votre email afin que nous puissions vous prévenir si le visuel «SAEZART» se retrouve, par l’opération du Saint-Esprit, décliné sur de bien jolis t-shirts homme et femme. Mais pour ça, il faut que Damien Saez donne son aval...

C’est pourquoi le mot de la fin ira, tant qu’à faire, à l’adresse de Damien Saez lui-même. Alors Damien, on les fait ces t-shirts ou pas ? Passe boire un ti-punch à la boutique de Jackuse au 30 rue Lucien Sampaix à Paris pour qu’on en discute ! Nous, on t’aime bien. Continue d’accuser, ta colère nous donne des vitamines.

Maël Nonet, gérant de Jackuse.com
(et homme à tout faire aussi)
Par Maël - Publié dans : Actu de la boutique
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